Ἀρχεῖα

Η λησμονιά

alain bosquet2

του Αλαίν Μποσκέ, μετάφραση Αγγελικής Ζαντέ

Ξεχνώ τον εαυτό μου. Ξεχνώ το σώμα μου.

Ξεχνώ τον σκελετό μου πως φαίνεται.

Ξεχνώ τον αιώνα και τη διακόσμηση,

τη γκρίζα μέρα και τις άσπρες νύχτες.

Ξεχνώ το δικαίωμα και την υποχρέωση,

το άτομο, τη δημοκρατία.

Ξεχνώ το δρόμο και το προάστιο,

την ενέδρα της μουσικής.

Ξεχνώ το ψωμί. Ξεχνώ την αγάπη.

Ξεχνώ την αδελφή μου, την  ευτυχισμένη γυναίκα,

και το μονοπάτι μες στο δάσος.

Ξεχνώ ότι η υπερηφάνεια μου με κατατρώει

κι η δίψα μου είναι μακριά

πριν από μια τρελή πηγή.

Ξεχνώ την πικρή μου αλήθεια

που υπακούει στον λόγο μου.

Ξεχνώ ότι δεν στάθηκα

στο ύψος των διλημμάτων μου.

Θυμάμαι ότι , μπροστά στα μάτια

και την μηδαμινότητα, αυτό το ποίημα,

αυτό το απόλυτο,

είναι κραυγή στο Θεό.


L’oublie

de Alain Bosquet

J’oublie ma peau. J’oublie mon corps.

J’oublie mon squelette qui penche.

J’oublie le siècle et le décor,

la journée grise et les nuits blanches.

J’oublie le droit et le devoir,

l’individu, la république.

J’oublie la rue et le faubourg,

les guet-apens de la musique.

J’oublie le pain. J’oublie l’amour.

J’oublie ma sœur, la femme heureuse,

et le chemin dans la forêt.

J’oublie que mon orgueil me creuse

et que ma soif est en arrêt

devant une fontaine folle.

J’oublie ma triste vérité,

qui obéit à ma parole.

J’oublie que je n’ai pas été

à la hauteur de mes dilemmes.

Je ne retiens, au fond des yeux

et du néant, que ce poème,

cet absolu,

ce cri vers Dieu.

Maya

par Catherine Pozzi

catherine pozzi

Je descends les degrés de siècles et de sable
Qui retournent à vous l’instant désespéré
Terre des temples d’or, j’entre dans votre fable
Atlantique adoré.

D’un corps qui ne m’est plus que fuie enfin la flamme
L’Âme est un nom chéri détesté du destin —
Que s’arrête le temps, que s’affaisse la trame,
Je revins sur mes pas vers l’abîme enfantin.

Les oiseaux sur le vent dans l’ouest marin s’engagent,
Il faut voler, bonheur, à l’ancien été
Tout endormi profond où cesse le rivage
Rochers, le chant, le roi, l’arbre longtemps bercé,
Astres longtemps liés à mon premier visage,

Singulier soleil de calme couronné.

Nyx – A Louise aussi de Lyon et d’Italie

par Catherine Pozzi

catherine pozzi

O vous mes nuits, ô noires attendues
O pays fier, ô secrets obstinés
O longs regards, ô foudroyantes nues
O vols permis outre les cieux fermés.

O grand désir, ô surprise épandue
O beau parcours de l’esprit enchanté
O pire mal  ô grâce descendue
O porte ouverte où nul n’avait passé

Je ne sais pas pourquoi je meurs et noie
Avant d’entrer à l’éternel séjour.
Je ne sais pas de qui je suis la proie.
Je ne sais pas de qui je suis l’amour.

La Pythie

de Paul Valéry, Odes
Paul Valerie
La Pythie, exhalant la flamme
De naseaux durcis par l’encens,
Haletante, ivre, hurle!… l’âme
Affreuse, et les flancs mugissants!
Pâle, profondément mordue,
Et la prunelle suspendue
Au point le plus haut de l’horreur,
Le regard qui manque à son masque
S’arrache vivant à la vasque,
À la fumée, à la fureur!

Sur le mur, son ombre démente
Où domine un démon majeur,
Parmi l’odorante tourmente
Prodigue un fantôme nageur,
De qui la transe colossale,
Rompant les aplombs de la salle,
Si la folle tarde à hennir,
Mime de noirs enthousiasmes,
Hâte les dieux, presse les spasmes
De s’achever dans l’avenir!

Cette martyre en sueurs froides,
Ses doigts sur mes doigts se crispant,
Vocifère entre les ruades
D’un trépied qu’étrangle un serpent:
-Ah! maudite!.. Quels maux je souffre!
Toute ma nature est un gouffre!
Hélas! Entr’ouverte aux esprits,
J’ai perdu mon propre mystère!…
Une Intelligence adultère
Exerce un corps qu’elle a compris!

Don cruel! Maître immonde, cesse
Vite, vite, ô divin ferment,
De feindre une vaine grossesse
Dans ce pur ventre sans amant!
Fais finir cette horrible scène!
Vois de tout mon corps l’arc obscène
Tendre à se rompre pour darder,
Comme son trait le plus infâme,
Implacablement au ciel l’âme
Que mon sein ne peut plus garder!

Qui me parle, à ma place même?
Quel écho me répond: Tu mens!
Qui m’illumine?… Qui blasphème?
Et qui, de ces mots écumants,
Dont les éclats hachent ma langue,
La fait brandir une harangue
Brisant la bave et les cheveux
Que mâche et trame le désordre
D’une bouche qui veut se mordre
Et se reprendre ses aveux?

Dieu! Je ne me connais de crime
Que d’avoir à peine vécu!…
Mais si tu me prends pour victime
Et sur l’autel d’un corps vaincu
Si tu courbes un monstre, tue
Ce monstre, et la bête abattue,
Le col tranché, le chef produit
Par les crins qui tirent les tempes,
Que cette plus pâle des lampes
Saisisse de marbre la nuit!

Alors, par cette vagabonde
Morte, errante, et lune à jamais,
Soit l’eau des mers surprise, et l’onde
Astreinte à d’éternels sommets!
Que soient les humains faits statues,
Les coeurs figés, les âmes tues,
Et par les glaces de mon oeil,
Puisse un peuple de leurs paroles
Durcir en un peuple d’idoles
Muet de sottise et d’orgueil!

Eh! Quoi!… Devenir la vipère
Dont tout le ressort de frissons
Surprend la chair que désespère
Sa multitude de tronçons!…
Reprendre une lutte insensée!…
Tourne donc plutôt ta pensée
Vers la joie enfuie, et reviens,
Ô mémoire, à cette magie
Qui ne tirait son énergie
D’autres arcanes que des tiens!

Mon cher corps… Forme préférée,
Fraîcheur par qui ne fut jamais
Aphrodite désaltérée,
Intacte nuit, tendres sommets,
Et vos partages indicibles
D’une argile en îles sensibles,
Douce matière de mon sort,
Quelle alliance nous vécûmes,
Avant que le don des écumes
Ait fait de toi ce corps de mort!

Toi, mon épaule, où l’or se joue
D’une fontaine de noirceur,
J’aimais de te joindre ma joue
Fondue à sa même douceur!…
Ou, soulevés à mes narines,
Les mains pleines de seins vivants,
Entre mes bras aux belles anses
Mon abîme a bu les immenses
Profondeurs qu’apportent les vents!

Hélas! ô roses, toute lyre
Contient la modulation!
Un soir, de mon triste délire
Parut la constellation!
Le temple se change dans l’antre,
Et l’ouragan des songes entre
Au même ciel qui fut si beau!
Il faut gémir, il faut atteindre
Je ne sais quelle extase, et ceindre
Ma chevelure d’un lambeau!

Ils m’ont connue aux bleus stigmates
Apparus sur ma pauvre peau;
Ils m’assoupirent d’aromates
Laineux et doux comme un troupeau;
Ils ont, pour vivant amulette,
Touché ma gorge qui halète
Sous les ornements vipérins;
Étourdie, ivre d’empyreumes,
Ils m’ont, au murmure des neumes,
Rendu des honneurs souterrains.

Qu’ai-je donc fait qui me condamne
Pure, à ces rites odieux?
Une sombre carcasse d’âne
Eût bien servi de ruche aux dieux!
Mais une vierge consacrée,
Une conque neuve et nacrée
Ne doit à la divinité
Que sacrifice et que silence,
Et cette intime violence
Que se fait la virginité!

Pourquoi, Puissance Créatrice,
Auteur du mystère animal,
Dans cette vierge pour matrice,
Semer les merveilles du mal!
Sont-ce les dons que tu m’accordes?
Crois-tu, quand se brisent les cordes,
Que le son jaillisse plus beau?
Ton plectre a frappé sur mon torse,
Mais tu ne lui laisses la force
Que de sonner comme un tombeau!

Sois clémente, sois sans oracles!
Et de tes merveilleuses mains,
Change en caresses les miracles,
Retiens les présents surhumains!
C’est en vain que tu communiques
À nos faibles tiges, d’uniques
Commotions de ta splendeur!
L’eau tranquille est plus transparente
Que toute tempête parente
D’une confuse profondeur!

Va, la lumière la divine
N’est pas l’épouvantable éclair
Qui nous devance et nous devine
Comme un songe cruel et clair!
Il éclate!… Il va nous instruire!…
Non!… La solitude vient luire
Dans la plaie immense des airs
Où nulle pâle architecture,
Mais la déchirante rupture
Nous imprime de purs déserts!

N’allez donc, mains universelles,
Tirer de mon front orageux
Quelques suprêmes étincelles!
Les hasards font les mêmes jeux!
Le passé, l’avenir sont frères
Et par leurs visages contraire
Une seule tête pâlit
De ne voir où qu’elle regarde
Qu’une même absence hagarde
D’îles plus belles que l’oubli.

Noirs témoins de tant de lumières
Ne cherchez plus… Pleurez, mes yeux!
Ô pleurs dont les sources premières
Sont trop profondes dans les cieux!…
Jamais plus amère demande!…
Mais la prunelle la plus grande
De ténèbres se doit nourrir!…
Tenant notre race atterrée,
La distance désespérée
Nous laisse le temps de mourir!

Entends, mon âme, entends ces fleuves!
Quelles cavernes sont ici?
Est-ce mon sang?… Sont-ce les neuves
Rumeurs des ondes sans merci?
Mes secrets sonnent leurs aurores!
Tristes airains, tempes sonores,
Que dites-vous de l’avenir!
Frappez, frappez, dans une roche,
Abattez l’heure la plus proche…
Mes deux natures vont s’unir!

Ô formidablement gravie,
Et sur d’effrayants échelons,
Je sens dans l’arbre de ma vie
La mort monter de mes talons!
Le long de ma ligne frileuse
Le doigt mouillé de la fileuse
Trace une atroce volonté!
Et par sanglots grimpe la crise
Jusque dans ma nuque où se brise
Une cime de volupté!

Ah! brise les portes vivantes!
Fais craquer les vains scellements
Épais troupeau des épouvantes,
Hérissé d’étincellements!
Surgis des étables funèbres
Où te nourrissaient mes ténèbres
De leur fabuleuse foison!
Bondis, de rêves trop repue,
Ô horde épineuse et crépue,
Et viens fumer dans l’or, Toison!

*

Telle, toujours plus tourmentée,
Déraisonne, râle et rugit
La prophétesse fomentée
Par les souffles de l’or rougi.
Mais enfin le ciel se déclare!
L’oreille du pontife hilare
S’aventure vers le futur:
Une attente sainte la penche,
Car une voix nouvelle et blanche
Échappe de ce corps impur.

*

Honneur des Hommes, Saint LANGAGE,
Discours prophétique et paré,
Belles chaînes en qui s’engage
Le dieu dans la chair égaré,
Illumination, largesse!
Voici parler une Sagesse
Et sonner cette auguste Voix
Qui se connaît quand elle sonne
N’être plus la voix de personne
Tant que des ondes et des bois!

Aimons toujours ! Aimons encore !

de Victor Hugo

Aimons toujours ! Aimons encore !
Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit.
L’amour, c’est le cri de l’aurore,
L’amour c’est l’hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l’astre dit aux nuages,
C’est le mot ineffable : Aimons !

L’amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c’est le bonheur !

Aime ! qu’on les loue ou les blâme,
Toujours les grand cœurs aimeront :
Joins cette jeunesse de l’âme
A la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !
Afin qu’on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l’image !
Soyons la fleur et le parfum !
Les amants, qui, seuls sous l’ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu’un !

Les poètes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grand fronts brûlants et réveurs.

Venez à nous, beautés touchantes !
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !
Ange ! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases.
Car notre esprit n’est point moqueur ;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur coeurs.

Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l’onde
Tout ce qui n’est que vanité,

Je préfère aux biens dont s’enivre
L’orgueil du soldat ou du roi,
L’ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l’on se dit : ” Qu’en reste-t-il ? ”

Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S’effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,
Et l’on se dit : ” C’est donc fini ! ”

L’amour seul reste. O noble femme
Si tu veux dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l’amour !

Conserve en ton cœur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s’éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !

Vision

(extrait)

par Marie Noël

 

 

Quand le soleil et l’ horizon

S’enfuiront…quand de la maison

Sortiront l’ heure et la maison ;

—————-

Quand la fenêtre sur la cour

S’ éteindra… quand après le jour

S’ éteindra la lampe à son tour ;

—————-

Quand, sans pouvoir la rallumer,

Tous ceux que  j’avais pour m’ aimer

Laisseront la nuit m’ enfermer ;

—————-

Quand leur voix, murmure indistinct,

M’ abandonnant à mon destin,

S’ évanouiront dans le lointain ;

—————-

Quand cherchant en vain mon salut

Dans un son je n’ entendrai plus

Qu’ au loin un silence confus ;

—————-

Quand le froid entre mes draps chauds

Se glissera jusqu’ à mes os

Et saisira mes pieds déchaux ;

—————-

Quand mon souffle contre un poids sourd

Se débattra… restera court

Sans pouvoir soulever l’ air lourd ;

—————-

Quand la mort comme un assassin

Qui précipite son dessein

S’ agenouillera sur mon sein ;

—————-

Quand des doigts presseront mon cou,

Quand de mon corps mon  esprit fou

Jaillira sans savoir jusq’où…

—————-

Alors, pour traverser la nuit, comme une femme

Emporte son enfant endormie, ô mon Dieu,

Tu me prendras, tu m’ emporteras au milieu

Du ciel splendide en ta demeure où peu à peu

Le matin éternel réveillera mon âme.

Όραμα

(απόσπασμα)

της Marie Noël,

μετάφραση Αγγελικής Ζαντέ

Όταν ο ήλιος κι ο ορίζοντας

από το σπίτι δραπετεύσει

η ώρα κι η εποχή ξεπορτίσει,

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Όταν το παράθυρο της αυλής χαθεί…

κι η ημέρα σβήσει

με τη σειρά της κι η λάμπα…θα σβήσει

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Όταν, όντας ανήμπορη πια τη λάμπα να ξανανάψω πλέον,

Όλα όσα  είχα για  να μ’ αγαπάτε δέον

Στη νύχτα  ν’αναθέσουν τον εγκλεισμό μου χρέον,

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Όταν οι φωνές τους, συγκεχυμένα  θα μουρμουρίζουν,

Και στη μοίρα μου  θα μ’εγκαταλείπουν,

Αυτές οι ίδιες στο βάθος θ’ αχνοσβήνουν,

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Όταν ψάχνοντας μάταια για τη λύτρωσή μου ον

Μέσα σ’έναν ήχο  που δε θ’ακούω  πλέον

Μιας συγκεχυμένης γαλήνης από μακρέον,

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Όταν το κρύο στα ζεστά μου σεντόνια διεισδύσει

Και μέχρι στα οστά μου γλιστρήσει

Και τα γυμνά μου τα πόδια τότε θα κρατήσει,

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Όταν η αναπνοή μου αντίθετα προς ένα φορτίο που αρνείται να υπακούσει

Θα είναι σύντομη  και θ’ αγωνισθεί …

Χωρίς να είναι σε θέση τον επίμοχθο αέρα να σηκώσει,

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Όταν ο θάνατος ως δολοφόνος μου

Που εφαρμόζει το σχέδιό του πάνω μου

Θα γονατίσει στο στήθος μου,

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Όταν τα δάχτυλα θα πιέσουν το λαιμό μου,

Και απ΄το σώμα μου θα ξεχύνεται τ’ ανόητο πνεύμα μου

Χωρίς να γνωρίζω μέχρι πού…

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Τότε, για να διαβώ τη νύχτα, σαν μια γυναίκα ναι!

Που μεταφέρει το κοιμισμένο της  παιδί, ω!  Θεέ μου,

Πάρε με, και  σιγά-σιγά  καθοδήγησέ με

Στην λαμπρή ουράνια κατοικία σου

Ναι! Τ’ αμάραντα πρωινά θα ξυπνούνε τη ψυχή μου.

Torquato Tasso

 par Paul Verlaine 

LE poète est un fou perdu dans l’aventure,
Qui rêve sans repos de combats anciens,
De fabuleux exploits sans nombre qu’il fait siens,
Puis chante pour soi-même et la race future.
Plus tard, indifférent aux soucis qu’il endure,
Pauvreté, gloire lente, ennuis élyséens,
Il se prend en les lacs d’amours patriciens,
Et Son prénom est comme une arrhe de torture.

(Premiers vers)

Torquato Tasso
by Paul Verlaine
translated by Angela Zanté

The poet is a fool lost in adventure,
Who restlessly dreams of ancient fights,
Fabulous exploits without counting that he endorses them
SoonAfter he sings to himself and the future race.
Later on, indifferent to the trials he endures,
Poverty, lingering glory, Elysian Boredom,
He hitches  on lakes of  patricians loves,
And his name is like a pledge of torture.

Torquato Tasso
του  Paul Verlaine,
μετάφραση Αγγελικής Ζαντέ

Ο ποιητής είναι ένας τρελός χαμένος στην περιπέτεια,
Που ονειρεύεται ακατάπαυστα αρχαίες μάχες,
Ένδοξα  κατορθώματα χωρίς  απαρίθμιση που τα κάνει δικά του,
Έπειτα τραγουδά για  τον εαυτό του και τη  μελλοντική φυλή.
Λίγο μετά, αδιαφορώντας για τις δοκιμασίες που υπομένει,
Τη φτώχεια, την αργόσυρτη δόξα, την πλήξη των  Ηλυσίων
Σκαλώνει σε  λίμνες πατρίκιων ερώτων,
Και το όνομά του είναι σαν ενέχυρο βασανιστηρίων.